Traditionnellement, le mois d’août marque en Inde la fête de Raksha bandhan qui célèbre le lien (rakhi) de fraternité, de protection ou de pureté.

Pureté… un de ces concepts qui s’est effrité avec le temps, au point de perdre de son sens, au même titre que la galanterie, la courtoisie, la tolérance, l’honneur, l’humilité, la discrétion…

Qu’on le déplore ou non, le concept de pureté n’est guère plus associé qu’à des considérations environnementales ou de santé physique. Tous – même les Parisiens, connus pour avoir le nez sur le pot d’échappement (!) – nous recherchons, si possible, l’air pur et nous sommes attentifs à boire de l’eau pure ou des jus 100% pur fruit (oui, ou pour certains, du pur malt !).

Bref, la pureté ne fait pas partie des valeurs qui soulèvent les foules, sauf, hélas, lorsqu’elle est associée aux concepts glaçants de « race pure » ou de « purification ethnique » !

Éventuellement, en cherchant bien, il reste encore un certain intérêt pour la pureté des intentions… pas toujours facile à détecter d’ailleurs, que ce soit en soi ou chez les autres.

Ce qui fait l’attrait d’un bijou d’exception, c’est la pureté du diamant ou de de l’or qui le sertit.

Mais qu’en est-il de la pureté de l’esprit ? Est-on aussi attentif à ce mécanisme naturel qui est pourtant si déterminant pour notre santé mentale et physique, et qui constitue, somme toute, notre première énergie vitale, celle dont on déborde tant, qu’on néglige et qu’on maltraite au point qu’elle finit, comble de l’ironie, par nous polluer la tête !

Pureté de l’esprit ou pureté des pensées ne veut pas dire innocence ou naïveté mais plutôt altruisme et élévation.

Éveiller mes aspirations élevées et généreuses au point qu’elles transforment, sans effort, mes vieilles habitudes ordinaires.

Dans ce sens, pureté signifie ne plus être l’esclave de mes pensées inutiles ou de mes tendances égoïstes.

Par conséquent, pureté veut dire liberté… et non discipline, privation ou renoncement comme on l’entend souvent.

La pureté est la référence éternelle que je porte en moi (que j’en sois conscient ou non) et qui m’appelle du fond des ténèbres quand je me suis trop éloigné de ma condition originelle. Lorsque je suis allé trop loin dans l’innommable ou l’excentricité, la pureté est ce qui me permet de remonter à la surface, de me recentrer, de rebondir, de reconstruire ma vie coûte que coûte, de repartir sur des bases saines.

Pureté et résilience sont donc intimement liées. La résilience est un appel intime de pureté, de respect de soi, c’est-à-dire d’envie de se respecter soi-même, un appel de dignité qui vient de très loin, pour soi, mais aussi pour que les autres me respectent. Pureté afin de retrouver mon pouvoir personnel, pour retrouver prise sur ma vie.

Ainsi, la pureté est ce qui donne un sens à ma vie. Pas nécessairement en soi, mais comme point de départ.

Lorsqu’il y a bien longtemps, je me suis finalement arrêté de fumer, c’était essentiellement parce que j’en avais assez de me polluer les poumons et que j’avais inconsciemment soif de cette pureté qui m’a finalement libéré de cette habitude aliénante.

De même, je décide de ne plus me polluer la tête avec des pensées sur les autres, sur la politique, sur les événements de la journée, sur l’état du monde aussi affligeant soit-il, sur mes soucis, mes angoisses, mes doutes, etc.

Je lâche prise de ces parasites. Ouf ! Bon débarras !

Au lieu de me plaindre de tout et de rien, j’ouvre les yeux sur la beauté de la vie, du monde, des autres.

J’ouvre les yeux sur la beauté de qui je suis. Je m’éveille à ma beauté intérieure… dont, soit dit en passant, la pureté fait partie intégrante, évidemment !

Au-delà des apparences, je commence à voir la beauté intérieure des autres.

Beauté que souvent eux-mêmes ignorent ou cachent !

Je peux donc – peut-être… modestement… délicatement… – les aider à redécouvrir leur propre beauté intérieure.

Et là, je suis moi-même. Je suis bien dans mon « rôle » (avec plein de guillemets).

Bien sûr, pour cela, il faut que les âmes se sentent en confiance.

Et cela n’arrivera que si je suis moi-même bien ancré dans ma propre pureté, ma propre générosité d’esprit, mes propres aspirations élevées.

Être pur pour moi signifie être centré. Centré pour rester stable face à toute situation. C’est pourquoi pureté est souvent associée à protection et pouvoir intérieur.

Nul doute que la méditation est un outil de choix pour retrouver sa pureté, ou, disons, sa vérité intérieure.

Cette vérité intérieure qui me permet d’être plus clair quant à mes véritables aspirations spirituelles.

On en revient toujours à la même question : non pas ce que je veux faire mais qui je veux être.Pas dans cinq ou dix ans, mais maintenant.

Me retrouver, me comprendre et m’accepter moi-même pour mieux apprécier chacun.

Donc : « Qui suis-je ? ».

Mens sana in corpore sano.

Arnaud Leduc