En tant qu’animal, elle pourrait être une biche, pour sa douceur et son agilité.

En tant que musique, elle pourrait être les Canons de Pachelbel, pour leur harmonie polyphonique, ou Imagine de John Lennon, pour l’invitation à créer un monde non-dual.

En tant que plat, elle pourrait être des pâtes, pour leur pouvoir de réconfort et d’accommodations multiples, ou une salade multicolore, pour la convivialité composite.

En tant que monument, elle pourrait être la Statue de la Liberté, pour le soulagement, la promesse et la conquête de nouveaux territoires (intérieurs).

En tant qu’homme célèbre, elle pourrait être Gandhi, pour la résolution sans faille et la non-violence libératrice.

En tant que femme célèbre, elle pourrait être Rosa Parks, pour le courage et l’affirmation pacifiste du droit universel au respect et à la bienveillance.

En tant que meuble, elle pourrait être un rocking-chair, pour la légère apesanteur, ou une commode, pour la facilité et le confort sans prétention.

En tant que pays, elle pourrait être le Costa Rica, pour l’association de la neutralité et du prima au bonheur de ses habitants & habitantes.

En tant que devise, elle pourrait être « Yes we can ! », parce que c’est un choix que chacun & chacune peut résolument faire, et qui protège tout collectif.

Généralement définie comme l’aptitude à laisser se produire une chose que l’on aurait le droit ou la possibilité d’empêcher, la tolérance est un pouvoir essentiel à la paix car elle me permet d’autoriser l’autre à être différent/différente de moi en pensées, paroles, actions, convictions et intentions.

Loin de relever de la résignation ou de la frustration, la tolérance se nourrit  de la ferme résolution à se transformer soi-même, plutôt que de l’exigence qu’autrui se transforme. Elle me permet de faire face avec patience et observation détachée à tous les types d’inconforts, petits ou grands, qui se présentent à moi extérieurement (situations, évènements, comportements, attitudes…) et/ou intérieurement (pensées, impressions, sentiments, émotions, douleurs …). Disposition à accueillir, voire à endurer, l’altérité et le désagrément, elle suppose l’aptitude à faire face sans me cabrer aux émotions qui me traversent, à mes inconsistances et à mes échecs, afin de laisser derrière moi les limitations qui m’empêchent de m’accepter, de m’apprécier et de m’aimer. Se faisant, elle m’invite à dépasser les logiques de comparaisons, qui naissent de la mésestime de moi ou de l’arrogance, deux attitudes jumelles.

Loin de relever de l’indifférence, de la passivité, de la complaisance ou de la faiblesse, la tolérance est le fruit savoureux d’un processus de maturation extrêmement actif qui se fonde sur le lâcher prise et la suspension du jugement critique, et permet adaptabilité et agilité face à tout ce qui se présente à moi. Car si je n’ai in fine aucun contrôle véritable sur les évènements, je peux en revanche surplomber l’impact qu’ils ont sur moi, afin de gouverner mes réactions, transformer mes conditionnements, et imprimer en moi une attitude d’ouverture libératrice et protectrice.

Véritable disponibilité à soi-même, aux autres et au monde, la tolérance suppose d’être en mesure de créer en soi un « silence clinique », un espace intérieur paisible qui amortit ou assourdit les résonances que les évènements ont sur moi. Ainsi, elle m’assure la possibilité de prendre à chaque instant le recul nécessaire pour ne pas être dans la réactivité mais bien dans la créativité. Ces deux postures ne se distinguent que par la place du « c », le « c » de la conscience juste, qui lorsqu’elle fonde mon attitude et ma réponse, me permet d’être créateur/créatrice plutôt qu’esclave de conditionnements. En ce sens, la tolérance me libère peu à peu de tout ce qui m’a déterminée sans que je l’ai explicitement choisi, en m’évitant de réagir sans distanciation ni discernement. Se faisant, elle libère mon parfum originel et éternel de paix, de pureté et de félicité.

Pouvoir de la Terre, la tolérance a la fertilité de la véritable humilité. Aptitude de la fleur de lotus, la tolérance déploie courageusement toute sa beauté dans les environnements les plus malsains. Elle est nécessaire à toute forme de reliance, à la société, à l’intelligence collective, à la coopération, à la vie même. Pouvoir puissant, la tolérance réclame force et courage, car « elle comporte la souffrance, la souffrance de tolérer l’expression d‘idées révoltantes sans se révolter » (Edgar Morin)

Valérie Carmen

 

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